Le développement économique local à l’ordre du jour !

Editorial de Franck S. KINNINVO

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Bonne gouvernance par-ci, formation des élus et des cadres de l’administration communale par-là, promotion de la participation citoyenne, mobilisation pour la démocratie locale, audit de gestion des communes à coup de millions, la liste des bonnes actions menées au profit des communes béninoises depuis 2003 est longue.

Que ce soit l’Etat lui-même, les partenaires techniques et financiers et les acteurs de la société civile, tous se sont engagés pour des appuis administratifs, techniques et financiers. Mais très peu d’acteurs se sont mobilisés pour l’économie locale. Or, sans une économie locale en développement, aucune démocratie durable, encore moins le développement local n’est possible. Non pas qu’il faut négliger les activités de promotion d’une gouvernance démocratique, la lutte pour la transparence et la participation des forces vives de la commune, mais il faut également promouvoir le nerf de la guerre sans lequel la décentralisation tomberait dans l’illusion qu’elle n’a rien changé de durable.

Les communes manquent cruellement de ressources pour fournir les services sociaux de base. Comment envisager investir dans la démocratie locale sans laquelle il n’y a pas une vraie participation citoyenne ni de développement durable si la commune ne dispose pas d’une économie qui génère des ressources propres? Il faut donc saluer le sens d’anticipation de la coopération suisse au Bénin qui, depuis 2013 investit dans l’économie locale à travers une approche plutôt originale. Construire des infrastructures économiques marchandes avec des matériaux locaux, tout en faisant la promotion des petites et micros entreprises de la localité et des femmes. Le PDIEM (Programme de Développement des Infrastructures Economiques et Marchandes) puisqu’il s’agit de ce programme financé par la Coopération suisse et mis en œuvre par la SNV, le PDIEM a réussi à faire croître les ressources propres des communes, à créer des emplois locaux, à promouvoir l’autonomisation financière des femmes dont les groupements se sont professionnalisés, certaines femmes ont pu s’insérer dans le métier de construction avec des matériaux locaux sans oublier, la naissance de cette filière de construction avec des briques en terre compactée.

Avec l’engouement des acteurs communaux pour ce programme et les formations pointues prévues dans ce domaine au Bénin comme à l’étranger, personne ne sera étonnée de voir le Bénin entretenir une filière exportable de savoir-faire en construction en matériaux locaux, respectueux de l’environnement. Comme le disait à Bohicon l’architecte en chef du PDIEM, M. Gonçalves lors du lancement de la phase 2 du programme, le 05 avril 2019 dernier, « il suffit de maîtriser les techniques de construction en matériaux locaux et vous obtenez à moindre coût des bâtiments beaux durable et capables de réguler la température à l’intérieur. Il fait moins chaud dans un bâtiment en matériaux locaux lorsque la température monte au dehors et il faut moins froid dans ce même type de bâtiment lorsque les températures descendent. De plus l’environnement est respecté et les acteurs locaux profitent de l’investissement pour se promouvoir ». Tout est dit.

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