L’AN 1 de la réforme structurelle du secteur de la décentralisation au Bénin : Les deux pièces encore manquantes du puzzle !

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En marche depuis avril 2022, la réforme structurelle du secteur de la décentralisation au Bénin n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière quand bien même son coût annuel est très élevé. Et pour cause, les acteurs de la décentralisation attendent avec impatience, la mise en place du Fonds d’Investissement Communal (FIC) et d’un renforcement de la pyramide du personnel au niveau intermédiaire et à la base.

By FSK

 

La création attendue du Fonds d’Investissement Communal en lieu et place du Fonds d’Appui au Développement Communal.

Alors que la sagesse populaire recommande d’applaudir à la naissance de l’enfant, les acteurs de la décentralisation ont applaudi la création du Fonds d’Investissement Communal, à son annonce. Alors que la mobilisation des ressources propres peine à s’envoler, faute de stratégie adéquate, les regards sont à nouveau tournés vers l’exécutif qui est le premier bailleur de la décentralisation. Le FIC devrait améliorer le niveau de transfert de l’Etat aux communes en incluant, les transferts liés aux ressources budgétaires de l’Etat, les fonds levés sur le marché financier et d’éventuels apports des partenaires techniques et financiers. Il est vrai que la plupart des PFT sont orientés par l’Etat vers d’autres secteurs comme l’enseignement technique et professionnel. Le FIC s’avère être un dispositif majeur dans la réforme si l’objectif est d’améliorer le niveau de couverture des territoires en services sociaux de base. L’étude sur le Fonds et les modalités de son financement est presque achevée, avait annoncé le gouvernement en 2021. On ne peut donc pas avoir des précisions sur les modalités. Ce fonds permettra aux communes d’avoir des ressources additionnelles sur le marché financier international. Orienté vers l’investissement communal, le FIC devra inclure le volet fonctionnement dans ses appuis car, certaines communes n’arrivent toujours pas à assurer la totalité de leur fonctionnement sur fonds propres. Mais la grande question demeure la représentation des élus communaux dans l’organe décisionnel du fonds et l’étendue de ses attributions. Il est souhaitable que le FIC reste et demeure un guichet de répartition des ressources et assure l’évaluation comme la CONAFIL. Le débat sur les commandes groupées au niveau des communes fera du tort à l’économie locale. Il est important de prendre des mesures règlementaires pour obliger les communes à sélectionner dans un rayon de 50 km les entreprises locales afin de faire émerger une économie locale.

Assurer l’équilibre des trois parties de la pyramide du personnel communal !

La pyramide de toute administration est pointue au sommet et large à la base. Avec la réforme structurelle du secteur de la décentralisation, le sommet de la pyramide de l’administration communale est de très grande qualité dans les 77 communes. Pour certaines communes comme Cotonou, l’équilibre est à tous les niveaux. Mais pour la plupart, il reste impérieux d’étoffer l’équipe au niveau intermédiaire et à la base. Chaque couche de la pyramide doit répondre aux consignes émises par le niveau supérieur, et les faire redescendre vers le niveau inférieur :

  • au sommet, le secrétariat exécutif qui décide de la stratégie et qui fixe les objectifs ;
  • le niveau intermédiaire, composé des superviseurs ou des managers qui définissent un plan d’action pour atteindre les objectifs fixés par le secrétariat exécutif et s’assurer de son exécution ;
  • le dernier niveau, la base est le plus étendu. Il représente la partie opérationnelle de la commune : les agents, les techniciens, et les cadres qui appliquent ce que les couches supérieures ont décidé.

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