Journée Africaine de la Décentralisation et du Développement local : « Le développement local est l’ingrédient principal du développement de nos Etats … que nos populations aient accès à ce à quoi ils aspirent de façon basique » Yawa Kouigan à propos de la problématique de la sécurité alimentaire pour le développement

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A l’occasion de la journée africaine de la décentralisation, célébrée chaque 10 aout, quelques cadres du bureau exécutif de CGLU Afrique se sont prononcés sur l’état du processus de décentralisation dans leur pays respectifs et sur le bienfondé du thème choisi par l’Union Africaine (UA) à cette occasion qu’est de « Faire de la sécurité alimentaire une priorité pour le développement et la coopération territoriale ». Dans le contexte de l’après Covid-19 et celui de la cherté de la vie  qui prévaut dans tous les pays du continent africain, la présidente de la Faitière des Communes du Togo, Yawa Kouigan, membre du comité exécutif de CGLU Afrique, s’est réjouie de cette thématique qui cadre avec les ambitions de chaque Etat qui mise fort sur l’agriculture en ces temps d’inflation des prix des produits de grande consommation, en l’occurrence celui du Togo qui de sa récente territorialisation, fait son petit bonhomme de chemin.

  

Que représente pour vous la Journée africaine de la Décentralisation et du Développement Local ?

La Journée Africaine de la Décentralisation et du Développement Local que nous célébrons le 10 Août est l’occasion de faire un point périodique à mon avis. La décentralisation est un processus. On commence, mais alors au jour le jour, on affirme les mécanismes, on améliore la gouvernance et de temps en temps qu’à l’échelle du continent, qu’on s’arrête, qu’on réfléchisse et qu’on mesure le chemin parcouru et ensuite on se projette dans l’avenir pour voir ce qui peut être fait de mieux. L’essentiel étant que le développement local qui en réalité est l’ingrédient principal du développement de nos Etats se porte mieux et que nos populations aient accès à ce à quoi ils aspirent de façon basique. Le développement se construit dans les territoires et donc il est à notre sens très important que chaque année au moins le 10 Août, chacun pose un peu ses valises et réfléchisse à un lendemain meilleur pour nos populations, nos collectivités territoriales et nos Etats.

 

Quel est l’état du processus de décentralisation dans votre pays et que manque-t-il à votre pays pour ratifier la Charte africaine des valeurs et principes de la décentralisation, de la gouvernance locale et du développement local ?

La décentralisation au Togo se porte bien. Elle est le fruit de ce que nous appelons la feuille de route de décentralisation qui est mise en œuvre depuis plusieurs années et qui a nécessité des évolutions qualitatives graduelles qui continuent. La partie  visible de l’iceberg qui est la décentralisation vécue par les populations à travers les élections municipales, l’installation des conseils municipaux et la mise en œuvre d’une gouvernance par les Maires notamment, est assez récente. C’est en juin et août 2019 que nous avons tenu les dernières élections locales. A partir de là, je dirais que la décentralisation fait au Togo son petit bonhomme de chemin qui consiste en une prise en main de l’essentiel de la mission, un exercice aussi que l’ensemble des parties prenantes  s’habituent les unes aux autres, les élus à leurs électeurs et quelque part sur la base de ce qui était à l’origine, un contrat politique et social pour mettre en œuvre un projet de développement. Tout ça participe d’une bonne gouvernance de l’amélioration progressive de la gouvernance locale et ma foi je dirais que la décentralisation au Togo se porte bien d’autant mieux que nous qui sommes les acteurs locaux sommes résolus à y travailler et que lors des prochains mandats  qu’il y ait d’avantage de progrès et que l’ensemble de ce processus suscite de plus en plus d’adhésion.

 

Quel est votre souhait pour la JAD dont le thème est : «  Faire de la sécurité alimentaire une priorité pour le développement et la coopération territoriale » ?

Vous savez, la sécurité alimentaire parle à tout le monde, par ce que le sentiment le plus dure c’est la faim. Les ODD en parle, l’agenda 2063 de l’Union africaine en parle, au niveau national nos plans de développement nationaux en parle, et les plans de développement communaux en parle également. Si nous considérons que l’être humain est à l’origine et est au centre de toutes choses, on ne peut envisager d’affamer les êtres humains au service de notre développement. Donc la sécurité alimentaire est très importante et nous nous réjouissons du fait qu’elle soit mise à l’ordre du jour de cette JAD. Par ce que le monde aujourd’hui qui a été éprouvé par la Covid-19 et par un certain nombre de crise et l’émergence d’un certain nombre de phénomène tels que l’inflation, la cherté de la vie, les changements climatiques, ce monde a besoin de retourner à un certain nombre de fondamentaux. Ces fondamentaux est que nos populations qui majoritairement, en tout cas au Togo sont dans l’agriculture puissent être reconnues comme des acteurs de ceux à quoi nous aspirons en promouvant le développement de l’agriculture, de techniques nouvelles et d’approches nouvelles qui tiennent compte de l’environnement, des changements climatiques, des grandes ensembles économiques et des échanges. Enfin ces fondamentaux pour que nos parents  qui vivent dans les milieux ruraux qui sont des agriculteurs de père en fils puissent passer à des acteurs de développement  de tels en sorte que ce soit au village ou en ville, on puisse trouver à manger à sa fin.

B.Sylvain

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