Exécution du projet Cité.bj dans la commune de Banikoara : « Cité.bj a permis plus de visibilité de l’administration communale et un contact permanent avec la base » dixit le Chargé de Mission Numérique.

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Pour mener à bien le projet Cité.bj initié par l’ANCB dans les quatre communes (Bohicon, Toffo, Avrankou,  Banikoara) sélectionnées pour la phase pilote et pour un suivi de l’évolution des activités, des chargés de mission numérique ont été choisis. A cet effet, il leur a été confié la conduite du projet au sein de l’administration  communale de chaque mairie et sa vulgarisation auprès des différentes couches des populations à la base. Après trois ans de conduite du projet Cité.bj dans la commune de Banikoara, le chargé de numérique  nous présente à travers une interview, les différentes activités menées, l’impact de ces activités sur l’administration communale et sur la population enfin les difficultés rencontrées et les perspectives mises en place pour surmonter celles-ci. 

 

Monsieur le Chargé de Mission, pouvez-vous nous préciser vos activités dans le cadre de CITES.BJ ?

Merci beaucoup. En terme d’activités menées dans le cadre du projet Cité.bj, dans la commune de Banikoara nous pouvons parler des ateliers de renforcement de capacité des élus et cadres des services communaux sur l’usage de certains outils du numérique tel que les téléphones portables Android, les tablettes numériques et ordinateur portatif. Il y a également la formation des jeunes, femmes (artisans et commerçants) sur l’utilisation de certaines plateformes telles que Google My Business, WhatsApp, Facebook, etc. afin de les accompagner pour booster leurs différents secteurs d’activité et de pouvoir mieux s’informer sur l’actualité aussi bien nationale que locale et éveiller leur attention sur les intérêts de leur contribution à la gestion des politiques publiques. Aussi avons-nous procédé à la vulgarisation de certaines applications numériques développées dans le cadre du projet, je veux nommer EPACT, le site web de la mairie, à travers lesquelles nous informons et recueillons les besoins des citoyens pour un développement local participatif. Bref, la liste n’est pas exhaustive.

 

Quelles couches de personnes ont été impactées par CITES.BJ au sein de votre commune?

Toutes les couches ont été impactées. Le projet ayant prévu une forte implication des populations des zones enclavées des communes par rapport au chef-lieu des départements, nous avons puis avec les moyens mis à notre disposition, nous rapprocher des  Femmes, jeunes, personnes en situation de handicap, artisans, commerçants, élèves, étudiants, élus locaux et communaux, des groupements et associations. Ceux-ci ont compris à travers plusieurs communications les divers avantages que leur offre les différentes applications issues de ce projet. Beaucoup ont ainsi compris les ramifications qu’offre désormais le numérique en terme de demande de service et d’informations liées à la gestion des politiques publiques au niveau des administrations communales et celles des arrondissements.

 

Quels changements apportent ce projet au sein de l’administration communale ?

Cité.bj permet à l’administration communale de gagner plus en visibilité et de rester en permanent contact avec les citoyens à la base. A voir l’ampleur de ce projet et les premiers résultats dès l’expérimentation des applications numériques,  les autorités communales se sont rendues compte de la grande importance de la participation citoyenne combinée avec l’outil numérique. Il nait déjà de ce constat des autorités locales, l’ambition d’une croissance budgétaire des communes, dédiée à la participation citoyenne. Une décision majeure qui va induire une transparence dans la gestion des affaires publiques locales et donc un envole pour la démocratie locale participative.

 

Quelles sont les difficultés majeures que vous avez rencontrées dans l’exécution des tâches qui vous sont confiées dans le cadre de ce projet ?

Les difficultés rencontrées sont essentiellement liées au faible pouvoir d’achat des populations pour faire un usage véritablement judicieux des nouveaux moyens de communication (téléphone Android, tablette Android, ordinateur etc). Il y a aussi la vaste étendue du territoire communal qui s’avère difficilement pénétrable faute d’accès à la connexion internet. Les barrières coutumières de certaines religions de part et d’autres qui constituent un obstacle pour l’atteinte des objectifs de développement durable ODD, pris en compte dans les objectifs du projet Cité.bj

 Les femmes sont un peu plus privilégiées par le projet surtout en termes d’emploi, qu’en est-il dans votre commune ?

Il faut retenir essentiellement qu’à ce niveau le travail se base sur la sensibilisation. Les réalités sociologiques ne facilitent pas que la femme puisse faire un certain usage des outils du numérique. La coutume musulmane requiert une certaine discrétion de la gente féminine même si nos textes et lois prônent l’émancipation de la femme, la réalité est toute autre sur le terrain. Ainsi au détriment des femmes, plusieurs jeunes hommes en l’occurrence les élèves et étudiants et quelques femmes intellectuelles sont beaucoup plus impliqués dans l’atteinte de cet objectif lié à l’emploie à travers Cité.bj.

De manière globale, quels sont les résultats obtenus à l’échelle nationale et dans les communes ciblées ?

Grace au projet Cité.bj, les populations et les membres de groupes organisés, les élu(e)s et le personnel communal sont sensibilisés et formés à l’utilisation des outils numériques pour développer et ancrer la participation citoyenne. Aussi, Une boîte à outils d’intelligence collective hybride est développée et testée dans les 3 communes d’intervention. Les associations, les entreprises privées et les collectivités locales contribuent déjà à l’émergence d’une Civic-Tech reconnue, basée sur la capitalisation d’expériences. Ainsi  par endroit des jeunes femmes ont été formées pour devenir des relais informatiques.

Au-delà de l’implication concrète de certaines structures dans le projet qui a amené, par exemple, au choix concerté des applications à développer, il est constaté une bonne collaboration sur le terrain, comme à Avrankou, Bohicon et Toffo où la GIZ intervient avec le PDDC. Ce projet (PDDC) n’a pas de volet numérique et les activités de CiTé.bj s’intègrent donc facilement dans les leurs. En outre, la synergie permet d’uniformiser ou de s’accorder sur les définitions de la Participation Citoyenne, par exemple avec Social Watch qui a une vision plus centrée sur la société civile. Enfin, le projet promeut également d’autres initiatives de ces partenaires, comme la sensibilisation des populations à l’utilisation de l’application commune229 portée par l’Ambassade des Pays-Bas et la Coopération Suisse.

Ce projet a également permis de développer une synergie avec les autres acteurs de la participation citoyenne numérique et ce à différents niveaux. On peut ainsi noter une implication directe dans les réunions comme avec CFi et Social Watch, ou l’Ambassade de France/Institut Français du Bénin,

En termes de perspectives, que peut-on retenir pour CITES.BJ ?

La vision de la  Politique Nationale de Décentralisation et de Déconcentration PONADEC  parmi tant d’autres est de renforcer  la mobilisation démocratique autour des objectifs de développement du territoire communal. Pour y parvenir elle s’appuie sur l’élaboration des Plans de Développement Communaux (PDC). Les guides pour appuyer cette élaboration ne précisent pas les outils de participation citoyenne à utiliser, pour animer le dialogue social et le degré de participation des populations. CiTé.bj propose d’expérimenter des outils pour pallier ce manque et vise à ce que les outils ainsi testés puissent être proposés lors du prochain guide d’élaboration des PDC de 4ème génération.

Au niveau national, il est prévu une extension des fruits du projet aux soixante-treize(73) communes restantes pour une globalisation de la Civic-Tech dans les 77 communes.

B. Sylvain

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