Démystification des états de troubles mentaux : JCI Cotonou la Doyenne lance le projet ‘’Santé mentale pour tous’’
Dans le cadre de la mise en œuvre de leur plan d’action stratégique 2025-2029, la Jeune chambre internationale Cotonou la Doyenne, a décidé de se pencher particulièrement sur l’identification des problèmes de la communauté béninoise en matière de santé et de travailler en collaboration avec les divers partenaires concernés pour trouver et proposer des solutions concrètes pouvant répondre à ce besoin crucial. Elle a ainsi procédé le samedi 28 juin 2025 dans la salle de conférence de la mairie de Cotonou, au lancement du projet ‘’Santé mentale pour tous’’ en présence de plusieurs jeunes, cadres et experts du domaine de la santé mentale dont Chimène KOUMASSEGBO, représentant l’Association Béninoise des Psychologues Cliniciens du Bénin, Jean-Christ AMOUSSOU, Coach professionnel certifié MAACL représentant la Fondation ITISA, Djomion AHIMAKIN président de l’Association Art et Bien-être Mental et bien sûr le Ministère de la santé représenté par la Professeure Elvyre KLIKPO Cheffe du département de santé mentale à la Faculté des Sciences de Santé de l’UAC. A cette même occasion, un visionnage de film de sensibilisation et un panel de discussion a permis aux jeunes présents d’en savoir plus sur les astuces pour préserver leur santé mentale dans un environnement de plus en plus hostile et psychologiquement difficile.
La problématique de la santé mentale dans les croyances africaines est souvent liée à des causes de sorcellerie ou d’autres réalités mystiques, explique le président de la JCI Cotonou la Doyenne Iris Martial AGBANTE, tout en justifiant les raisons qui sous-tendent l’initiative de ce projet. Selon lui « les problèmes de santé mentale soulèvent beaucoup de stéréotypes de tabous et de mauvaises interprétations dans nos sociétés et il est temps pour nous tous d’en parler et d’agir pour faire comprendre à toutes les couches de la populations son importance pour notre bien être global et comment faire pour se préserver dans notre contexte social africain de plus en plus difficile et stressant. »
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit la santé mentale comme « un état de bien-être qui permet à chacun de réaliser son potentiel, de faire face aux difficultés normales de la vie, de travailler avec succès et de manière productive, et d’être en mesure d’apporter une contribution à la communauté ». Mais force est de constater, selon une étude réalisée dans la commune d’Abomey Calavi en 2024, que le taux de sujet en état dépressif était élevé et dont 6% avaient une dépression sévère. S’ajoute à ce problème de santé, l’anxiété et les troubles psychologiques graves, troubles de l’humeur, Schizophrénie, troubles de la personnalité, troubles de l’alimentation, etc qui affectent plusieurs couches de la population en l’occurrence les jeunes qui pour la plupart n’ont pas accès à des soins adéquats faute de moyens financiers ou de stigmates sociaux ou même pour défaut de sensibilisation sur ladite question.
Face à cet état de chose la JCI Cotonou la Doyenne à travers son projet intitulé Santé Mentale pour Tous a prévu, selon la responsable du projet Adelaïde HOUNYE KOKOU, mobiliser plusieurs experts de la question de santé mentale afin d’animer plusieurs séances de sensibilisation au profit de plusieurs couches de la population. Ces dernières pourront à la suite de ces séances bénéficier des rendez-vous de consultation à des coûts forfaitaires auprès des experts en santé mentale. Les activités du projet sont prévues sur une période de trois mois avec des panels et messages de sensibilisation en présentiel et aussi sur les réseaux sociaux.
Par rapport au panel développé à cette même occasion de lancement du projet, afin de mieux aborder la problématique de comment préserver sa santé mentale dans un contexte psychologiquement difficile, trois experts en question de santé mentale, Chimène KOUMASSEGBO, Psychologue clinicienne, Jean-Christ AMOUSSOU, Coach professionnel certifié MAACL et la Cheffe du département de santé mentale de la FSS/UAC ont animé les échanges. On retient de ce panel qu’officiellement quatre personnes sur dix dans le monde ont eu au moins une fois de trouble mental et dans une situation pareille les jeunes courent le risque de consommation des substances psychoactives, les risques de conduite additive telles que les jeux, le sexe, les paris. Ils développent à cet effet des troubles graves comme la psychose et 50% de ces troubles mentaux débutent à quatorze ans. Ce qui nécessite une attention particulière des parents vis-à-vis de leurs enfants. La Pr Elvyre KLIKPO suggère pour prévenir ce mal, des séances de sensibilisation et le dépistage précoce. A l’endroit des jeunes qui sont confrontés à diverses situations professionnellement difficiles ou d’autres contextes de vie complexe, elle conseille une capacité d’adaptation car selon elle « Ce n’est pas forcément ce qu’on veut qu’on a dans la vie. On doit revoir nos objectifs et en cela il faut comprendre que le bonheur n’est pas figé. Il est subjectif et dans la vie il faut apprendre à aller au-delà des difficultés. En situation complexe tendant à affecter notre santé mentale, elle suggère : « des activités sportives, un sommeil profond et régulier, une bonne alimentation sans alcool et avoir de bonne fréquentation ».
B. Sylvain