Déclaration des Maires et Leaders des Collectivités territoriales d’Afrique au 9ème Sommet des Africités – Kisumu, Kenya 2022

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LE RÔLE DES VILLES INTERMEDIAIRES AFRICAINES DANS LA MISE EN ŒUVRE DE L’AGENDA 2030 DES NATIONS UNIES ET L’AGENDA 2063 DE L’UNION AFRICAINE

9ème Sommet des Africités – Kisumu, Kenya 2022

Déclaration des Maires et Leaders des Collectivités territoriales d’Afrique.

Nous les maires, élus locaux et régionaux africains, leaders des collectivités territoriales de l’Afrique, réunis sous l’égide de Cités et Gouvernements Locaux Unis dans le cadre de la 9ème édition du Sommet Africités organisé à Kisumu, Kenya du 17 au 21 Mai 2022, sous le Haut Patronage de son Excellence Uhuru Kenyatta, Président de la République du Kenya, autour du thème «LE RÔLE DES VILLES INTERMEDIAIRES AFRICAINES DANS LA MISE EN ŒUVRE DE L’AGENDA 2030 DES NATIONS UNIES ET L’AGENDA 2063 DE L’UNION AFRICAINE » en présence de représentants des Etats, d’anciens chefs d’Etats d’Afrique, de chefs traditionnels africains, de représentants de la société civile, des partenaires au développement et des partenaires privés, engagés pour le développement durable de l’Afrique.

  • Conscients que le développement des villes intermédiaires est le garant d’un avenir prospère et équilibré du continent africain car elles forment l’échelon le plus adéquat pour construire une armature urbaine en prise directe avec les réalités des habitants.
  • Convaincus qu’elles sont au cœur des politiques d’un peuplement équilibré en proposant une alternative à l’hyper-concentration urbaine autour des Mégalopoles et au développement d’une urbanisation injuste et ségréguée.
  • Entendu qu’elles peuvent contribuer à la transformation de l’Afrique en se posant comme des pôles structurant le territoire en complémentarité entre les régions rurales et les centres urbains.
  • Conscients qu’elles ont montré dans la réponse apportée à la pandémie du Covid 19, leur capacité à garantir le maintien de services essentiels à la population et à endiguer les risques sanitaires par des réponses appropriées à la situation.
  • Affirmant qu’en tant que communautés de vie de proximité, les villes intermédiaires agissent au plus près des citoyens pour amorcer la transformation sociale et culturelle de leurs territoires.
  • Souhaitant que par les échanges culturels qu’elles engendrent et la coopération décentralisée, elles agissent comme des vecteurs de l’intégration continentale et l’émergence d’une citoyenneté africaine nouvelle.

Au cours des 5 jours de ce sommet, les échanges entre plus de 10.000 participants venus de tous les pays africains et au-delà ont permis de lancer des projets nouveaux, de débattre des principaux enjeux posés pour le siècle à venir et d’abord du développement d’une Afrique forte culturellement, consciente de son extraordinaire potentiel de développement, ouverte et capable de défendre une vision alternative du monde. Un monde respectueux de l’environnement et des humains qui l’habitent et qui trop souvent l’ont abimé dans le passé.

Sur la base de ces échanges, nous les maires et participants à ce 9ème sommet, nous nous engageons à faire vivre cette déclaration dans nos territoires et nos communautés, à partager avec nos populations l’esprit d’unité qui a prévalu lors de ce sommet et à les mobiliser autour des enjeux de protection de l’environnement, de développement économique, d’éducation et de diffusion de la culture.

Nous déclarons que l’Afrique peut être le continent de la résilience et devenir un modèle pour les autres régions du monde. Pour cela, nous appelons à la mobilisation de toutes les énergies en Afrique et au- delà avec le soutien des Etats, de l’Union Africaine, de nos partenaires internationaux et des diasporas.

DECLARONS CE QUI SUIT :

  1. Nous souhaitons faire des villes intermédiaires des pôles structurants du développement durable de l’Afrique en leur accordant une place de premier ordre dans l’aménagement du territoire et créer de nouvelles dynamiques territoriales favorisant des liens d’échanges et d’articulation entre le milieu rural et le milieu urbain.
  2. Nous affirmons notre volonté d’établir un dialogue politique constructif entre les différentes sphères de gouvernement pour respecter le principe de subsidiarité, facteur essentiel d’efficacité de politiques publiques.
  3. Nous nous engageons à privilégier la planification urbaine comme instrument de maitrise de l’accroissement des territoires urbains et péri-urbains en mettant en place les instruments institutionnels, juridiques, réglementaires et opérationnels ainsi que les conditions d’un dialogue participatif avec la population.
  4. Nous faisons nôtre les objectifs inscrits dans l’agenda 2030 des Nations Unies, du nouvel agenda urbain, du droit à la ville et de l’agenda 2063 de l’Union Africaine et leur traduction dans des plans de développement local et appelons les pays africains à élaborer des stratégies de développement urbain concertées et dotées des moyens techniques et financiers adéquats conformément au nouvel agenda urbain des Nations Unies.
  5. Nous sommes convaincus de la place de la jeunesse dans la construction de l’Afrique nouvelle et appelons les maires à créer des conseils locaux d’autonomisation des jeunes visant leur épanouissement, leur intégration et leur socialisation dans la ville.
  6. Nous adoptons la Culture comme le 4ème pilier du développement durable en renforçant l’identité culturelle des territoires pour en faire un vecteur potentiel de développement économique.
  7. Nous appelons les maires à élaborer des programmes et des plans d’action pour lutter contre la précarité et la vulnérabilité, notamment celle des enfants des rues, des femmes isolées, des jeunes désocialisés, à lutter contre la violence faite aux femmes en participant aux actions des groupes de femmes, et à signer la charte africaine pour l’égalité des genres du REFELA et en appliquant ses principes dans nos collectivités.
  8. Nous affirmons que le changement climatique est un enjeux primordial pour les territoires et recommandons aux gouvernements locaux d’adopter les mesures nécessaires en vue de la préparation de leurs territoires aux conséquences du changement climatique et les invitons à rejoindre la Convention des Maires Africains pour le climat.
  9. Nous appelons tous les Etats à signer et à ratifier la Charte Africaine des valeurs et principes de la décentralisation, de la gouvernance locale et du développement local et à assurer la bonne application des principes qu’elle contient.
  10. Nous appelons à une meilleure répartition des ressources publiques en faveur du développement de centres urbains intermédiaires et à une attention renforcée des politiques publiques qui leur sont destinées.
  11. Nous demandons une meilleure instrumentalisation de la fiscalité locale et un recouvrement efficace des impôts à destination des collectivités, notamment l’impôt foncier.
  12. NousappelonslesEtatsàdévelopperdesprogrammesderenforcementdesconnexionsentre les villes intermédiaires et leurs hinterlands afin de renforcer les échanges autour de bassins versants économiques en supprimant les coût de transactions.

 

  1. Nous proposons de renforcer les liaisons entre villes intermédiaires et avec les capitales des Etats par la construction de réseaux routiers sécurisés, d’infrastructures ferroviaires et de liaisons aériennes en fonctions des réalités locales et à renforcer les connectivité digitale.
  2. Nous souhaitons que l’Union Africaine et les Etats africains reconnaissent l’importance de la coopération décentralisée et des échanges entre collectivités territoriales pour renforcer la connaissance et les compétences de nos institutions.
  3. Nous soutenons la mise en place d’un Erasmus Africain à destination des jeunes engagés, comme inscrit dans l’agenda 2063.
  4. Nous appelons toute la communauté africaine à s’engager pour l’émancipation des femmes et des jeunes en portant des programmes de soutien économiques dédiés aux femmes et aux jeunes mais aussi en facilitant l’accès à des logements décents et abordables, en garantissant la sécurité et en prévenant la délinquance par des campagnes de lutte contre la violence faite aux femmes et en offrant aux jeunes des programmes d’insertion et de socialisation via le sport et la cuture.
  5. Nous appelons les partenaires internationaux à soutenir le développement des villes intermédiaires africaines par la mise en place de programmes dédiés, des financements adaptés aux réalités locales.
  6. Nous demandons aux partenaires, conformément à l’accord de Paris sur l’efficacité de l’aide, à s’aligner sur les processus de décentralisation en cours dans les Etats africains en s’appuyant sur les politiques sectorielles décentralisées ou en cours de décentralisation.
  7. Nous appelons la communauté internationale à prendre en compte le point de vue des territoires dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi évaluation des agenda mondiaux.
  8. Nous appelons de nos vœux l’émergence d’un monde ou l’Afrique est reconnue comme un continent contribuant à l’émergence d’une société mondiale unie et respectueuse de la planète, du climat et de la biodiversité et d’abord des hommes et des femmes qui forment une communauté de destin.

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