Urbanisation en Afrique : Quelques pistes de Luc Gnacadja pour tenir les promesses de la transformation inclusive et durable du continent

La formation des décideurs pour transformer l’informalité urbaine comme un atout pour un développement durable

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  • La formation des décideurs pour transformer l’informalité urbaine comme un atout pour un développement durable

Le 4 avril 2024, s’est tenue à l’Université de Laval au Canada, une conférence à laquelle, sur invitation du Centre interdisciplinaire de recherche sur l’Afrique et le Moyen-Orient (CIRAM), Luc Gnacadja, architecte, précédemment deuxième Secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la Désertification (UNCCD), fondateur et président de GPS-Dev (Governance & Policies for Sustainable Development) a participé. Le Journal Le Municipal présent en ligne sur www.lemondelocal.com, revient sur les points saillants de cette communication dont le thème est : « Urbanisation durable, un impératif pour la transformation de l’Afrique ».

Qu’est ce qui doit changer afin que l’urbanisation en Afrique puisse tenir ses promesses de transformation inclusive et durable du continent ? C’est à cette question qu’a tenté de répondre la communication de l’ancien ministre de l’environnement, du logement et de l’urbanisme. En effet, l’Afrique s’urbanise à une vitesse sans précédent. C’est une urbanisation qui dysfonctionne et qui ne porte pas les promesses d’une urbanisation. « J’ai montré comment est-ce que, à taux d’urbanisation comparable, le résultat, l’impact sur les territoires, sur les économies africaines est en retard » explique-t-il. A en croire l’architecte, le taux de PIB généré en Afrique n’équivaut pas au taux de PIB généré dans d’autres villes des autres régions du monde quand ces régions avaient le même taux d’urbanisation. « J’ai caractérisé l’urbanisation en Afrique » a-t-il confié avant de développer : « l’Afrique s’urbanise en créant davantage de quartiers informels. Les quartiers informels entre 1990 et 2015 ont accueillis 90% des nouveaux urbains en Afrique. Donc des quartiers informels croissent plus vite et ils attirent moins d’investissements ».

Comment faire pour que cette perception qui veut que l’informalité soit un problème, parce que ce n’est pas conforme à la ville fantasmée, la ville occidentale vue d’ailleurs comme à Dubaï ? Le fondateur et président de GPS-Dev répond sans ambages « Tant qu’on n’a pas dépassé ces billets de perception, on ne peut pas rendre performante l’urbanisation en Afrique dont j’ai parlé du comment transformer l’informalité urbaine comme un atout pour un développement durable qui va être plus performant et qui va permettre à l’Afrique de réaliser ce qu’on a rappelé dans l’agenda 2063  à savoir ‘’l’Afrique que nous voulons’’ ».

Comment réformer l’urbanisation dite informelle ? Pourquoi est-ce que c’est un bon investissement et qu’est ce qui doit changer ?

Selon Luc Gnacadja, au nombre des choses qui doivent changer, il y a la formation des décideurs pour appréhender la contribution de l’informel y compris au sens macroéconomique de la croissance des africains. « Ce sont ces éléments qui feront changer les choses. Nous sommes dans une université. Il faut que les curricula changent » préconise-t-il avant de conclure « les curricula qui forment les africains en urbanisme, architecture, aménagement du territoire mais aussi en économie, en économétrie doivent changer. Il faut que ceux-là soient formés pour mieux appréhender l’informel afin de pouvoir capter et capitaliser les apports positifs que, pour le moment, on ne sait pas voir ».

Cette thématique est d’autant plus d’actualité qu’il faut écouter les sachants. Dans un pays où l’exode rural est une réalité et où les bas quartiers pullulent dans les zones urbaines entrainant des expropriations très controversées, l’expertise de l’ancien deuxième Secrétaire exécutif  de l’UNCCD se doit d’être sollicitée.

 Irédé David R. KABA

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