Phase 2 du Programme de Coopération Transfrontalière Locale (PCTL) de l’UEMOA financé par la Coopération suisse : L’UEMOA et la Coopération suisse optent pour l’exercice de la maîtrise d’ouvrage directe par les faîtières des collectivités territoriales

(Le CCT-UEMOA poursuit ses grandes réalisations pour l’intégration des peuples souhaitée par son Président Albert François AMICHIA)

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Phase 2 du Programme de Coopération Transfrontalière Locale (PCTL) de l’UEMOA financé par la Coopération suisse.

L’UEMOA et la Coopération suisse optent pour l’exercice de la maîtrise d’ouvrage directe par les faîtières des collectivités territoriales

(Le CCT-UEMOA poursuit ses grandes réalisations pour l’intégration des peuples souhaitée par son Président Albert François AMICHIA)

La Salle Zulu 1 du complexe hôtelier Palm Club d’Abidjan a abrité du mercredi 19 au vendredi 21 mai 2021, un important atelier de travail afin de permettre aux faîtières des Collectivités Territoriales du Conseil des Collectivités Territoriales (CCT) de l’UEMOA de s’approprier les enjeux et les défis de la phase 2 du Programme de Coopération Transfrontalière Locale (PCTL 2) financée par la Coopération suisse et couvrant la période 2021-2024. L’innovation de cette deuxième phase est qu’elle met l’accent sur la maitrise d’ouvrage des collectivités territoriales à travers leurs différentes faîtières pour sa mise en œuvre sous la supervision du CCT et de la Commission de l’UEMOA à travers le Département de l’Aménagement du Territoire Communautaire.

Pour le Ministre Albert François AMICHIA, Maire de Treichville et Président du CCT, l’objectif de cet atelier d’Abidjan est « de partager avec les faitières transfrontalières des collectivités territoriales et tous les partenaires de mise en œuvre de ce programme, les défis du PCTL 2, la responsabilité de chaque acteur, ainsi que les dispositifs de gestion du programme ». La convention de financement du PCTL 2 a été signée entre l’UEMOA et la Confédération Suisse le 24 mars 2021. Ainsi, toutes les faîtières transfrontalières des collectivités territoriales de l’UEMOA bénéficieront d’un renforcement de capacités afin de faire convenablement face aux défis relatifs à la gestion de la maitrise d’ouvrage directe. Le cap est définitivement ainsi mis sur les services de base aux populations locales, un indicateur important de lutte contre la pauvreté. Insistant sur le caractère innovant du PCTL qui développent des synergies de paix et de développement entre les collectivités territoriales de l’UEMOA à travers des faîtières transfrontalières et le Schéma d’Aménagement Transfrontalier Intégré (SATI), le très charismatique maire de Treichville, le Président Albert François AMICHIA n’a pas manqué d’adresser ses félicitations à tous les acteurs qui ont contribué à l’avènement de la phase 2 du PCTL. Le Président de la Commission, le Ministre Jonas GBIAN, Commissaire en charge du Département de l’Aménagement du Territoire Communautaire et des Transports, les cadres du Département, les faîtières et toute l’équipe technique et opérationnelle du CCT ont été reconnus et remercier pour leur engagement. Le Ministre Albert François AMICHIA, avant d’ouvrir les travaux a insisté sur le rôle des faîtières et l’importance de leur leadership dans la pérennisation du PCTL : « parce que les négociations ont été longues pour aboutir au PCTL 2, j’invite toutes les faîtières à œuvrer pour des résultats efficaces et probants ». Cette session d’ouverture politique a laissé place aux travaux techniques qui ont été des plus laborieux.

Le point des travaux

Les travaux techniques ont débuté par le mot de bienvenu de El Hadj Malick DIOP, Président de la Commission Économique et Financière du CCT UEMOA, qui a rappelé le contexte de la création du PTCL, les acquis de la première phase, ses enjeux et son importance dans l’atteinte des objectifs du CCT porté sur les fonts baptismaux par les Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union en 2011. A la suite de l’élu du Sénégal et expert en décentralisation, El Hadj Malick DIOP, Gérard LALEYE, Conseiller Régional de la Coopération suisse s’est réjoui de l’effectivité de la phase 2 du PCTL avant d’insister sur le nécessaire renforcement des capacités des faîtières et leur accompagnement pour relever le défi de la maitrise d’ouvrage qui leur est confiée. Le Conseiller Régional de la Coopération suisse a insisté sur la confiance des partenaires suisses qui doit engager chaque acteur à œuvrer pour le succès de ce Programme. A sa suite, Houcine DAHMANE, Conseiller Régional de la Coopération française au Burkina Faso a souhaité une harmonisation des procédures au niveau des différents programmes dont bénéficie le CCT auprès des Partenaires Techniques et Financiers (PTF) afin de faciliter l’appropriation de ces procédures par les faîtières. Il n’a pas manqué de rappeler que le PCTL est une innovation suivie par plusieurs partenaires dont la Coopération française.

Les séances plénières ont été présidées par le Maire de la commune des Lacs 1 (Aného) du Togo dont le pays préside le Conseil des Ministres de l’UEMOA. Alexis Coffi AQUEREBURU, avocat de son état et Maire des Lacs 1, a été assisté par les présidents des faîtières IIR Sahel et SKBo. Le Maire des Lacs 1 s’est révélé comme un bon président de séance dont le leadership a facilité la convergence des points de vue.

La rencontre d’Abidjan vise, entre autres objectifs à informer les faitières transfrontalières sur les objectifs, les activités retenues ainsi que les procédures applicables pour la gestion des activités de la phase 2 du PCTL dans chaque zone transfrontalière. Après cette phase d’information, le chronogramme pour le démarrage des activités du PCTL 2 a été défini avant que les faîtières n’amendent et ne valident le projet de protocole d’accord entre le CCT-UEMOA et les faitières. Cette dernière activité a fait l’objet de vives discussions entre les experts de la Commission de l’UEMOA et les présidents des faîtières assistés de leur cadre technique.

Le PCTL 2 et ses enjeux pour l’intégration des peuples de l’espace UEMOA

La finalité du PCTL 2 est que « les populations vivant dans les zones transfrontalières de l’Afrique l’Ouest aient un accès renforcé aux services socio-économiques et culturels, délivrés par les collectivités territoriales dans un environnement juridique, institutionnel et sécuritaire national et régional, favorable ». Pour ce faire, il est important que des actions soient menées aussi bien au niveau des entités locales et des faîtières mais également au niveau national et régional.

Renforcement des capacités

Grâce au PCTL 2 financé par la Coopération suisse, il est prévu des actions importantes pour permettre aux collectivités territoriales transfrontalières et leurs faitières de disposer de capacités politiques, techniques et financières afin d’exercer efficacement leur maîtrise d’ouvrage et d’impacter la vie communautaire transfrontalière. Le défi étant de mieux structurer les faitières sur le plan institutionnel, de leur apporter des appuis à la formation, à la conception et à la mise à disposition d’outils de travail (manuel de procédures, manuel de gestion, programme de travail, stratégie d’action, système de suivi-évaluation…). Les participants et le président de séances ont insisté sur ce volet de renforcement des capacités, tout en souhaitant qu’il y ait un cadre harmonisé mais ouvert aux spécificités locales et des possibilités de recrutement de cadres techniques permettant aux faîtières de résister aux changements d’acteurs au niveau politique.

Amélioration du climat de la décentralisation et de la coopération transfrontalière.

Les cadres juridiques et les mécanismes nationaux et sous régionaux de gouvernance dans le domaine des collectivités territoriales doivent s’harmoniser et rester favorables à la coopération transfrontalière entre collectivités territoriales. Ce qui implique une amélioration du cadre institutionnel et juridique de la coopération transfrontalière au niveau des Etats et de l’Union et la mise en place d’outils de gouvernance transfrontalière. Le CCT UEMOA plaide donc pour une convergence des législations sur la décentralisation et la promotion des collectivités territoriales comme des acteurs importants de la coopération transfrontalière.

Les infrastructures et services sociaux de base pour la paix et l’intégration des peuples.

Les espaces transfrontaliers des pays de l’UEMOA sont dans une situation peu enviable en matière de services sociaux de base. Or ces localités sont ciblées comme des zones de promotion de la paix et de l’intégration des peuples. A travers la coopération et les schémas d’aménagements, le PCTL contribuera à la mise en place d’infrastructures et des services de développement qui répondent aux besoins des communautés et renforcent l’intégration régionale et la paix. L’atteinte de cet objectif du PCTL, du CCT et de l’UEMOA, passe par la réalisation des projets prioritaires identifiés par les acteurs de chaque zone d’intervention. C’est dans ce cadre que les faitières ont été installées et les SATI ont été élaborés ou en cours d’élaboration dans certaines zones. A ces projets et services de développement, le PCTL prévoient également des actions de coopération transfrontalière favorisant l’intégration régionale, la cohésion sociale, la paix et la sécurité et impliquant les jeunes, les femmes, les médias, les OSC et les acteurs privés. Le PCTL est donc un grand projet de développement, d’intégration des peuples et de lutte contre l’extrémisme violent pour une paix durable dans l’espace UEMOA.

Le PCTL, une innovation du CCT UEMOA dont la première phase a tenu toutes ses promesses.

Le PCTL est un programme du CCT de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) soutenu par la Coopération suisse (DDC). Il a pour but d’améliorer les conditions de vie économiques et sociales des populations ouest africaines dans un espace régional harmonisé et plus ouvert. Pour le Président AMICHIA, « le PCTL, est le symbole de l’intégration des peuples et une réponse de développement harmonieux de territoires frontaliers, souhaitée par la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de notre espace communautaire :

  • en matière de la planification et d’aménagement avec le SATI (schéma d’Aménagement Transfrontalière Intégré) ;
  • en matière d’agriculture avec les aménagements hydro-agricoles ;
  • en matière d’infrastructures avec les pistes de désenclavement, d’ouvrages de franchissement, d’accès a l’eau potable, d’espaces marchands ;
  • en matière de renforcement de la paix et de la cohésion communautaire avec la promotion d’activités culturelles et des cadres de dialogues pour la prévention des conflits.

Le PCTL dans sa première phase a non seulement appuyé la mise en place des faîtières et de certains SATI mais aussi contribué à la réalisation de certains projets prioritaires.  À travers le PCTL, le CCT développe les mécanismes de gestion technique et financière de la politique transfrontalière au bénéfice des collectivités territoriales et les fait valider par les organes compétents de l’UEMOA. Outre les services de l’UEMOA, le CCT travaille en collaboration avec plusieurs partenaires régionaux et continentaux, notamment la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union Africaine (UA), pour promouvoir la coopération transfrontalière locale et mobiliser des financements en sa faveur.

Un maillage unique du territoire communautaire qui fait la force du CCT-UEMOA

Le CCT offre aujourd’hui à l’UEMOA la dynamique des collectivités territoriales et des citoyens à la base. Le CCT, c’est six faitières transfrontalières des collectivités territoriales, au sein desquelles les peuples de l’UEMOA œuvrent pour le développement et la paix :

  • le Bassin du Fleuve Sénégal (BFS) regroupant les collectivités territoriales de la Guinée, du Mali, de la Mauritanie et du Sénégal ;
  • l’espace Dendi-Ganda regroupant les collectivités territoriales du Bénin, du Niger et du Nigéria ;
  • l’Union Transfrontalière des Collectivités Territoriales de l’Espace Sikasso-Korhogo-Bobo Dioulasso (UTCTE-SKBo) regroupant le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Mali,
  • l’espace Communautaire de la Volta noire (ESCO-Volta noire) regroupant le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Ghana ;
  • la Cellule de Coopération des Collectivités territoriales du Sahel (C3Sahel) regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger ;
  • l’espace transfrontalier de la bande côtière sud Bénin- sud Togo qui mobilise les collectivités territoriales côtières des deux pays.

Environ 950 collectivités territoriales se situent dans les zones transfrontalières et sont concernées par ce programme de l’UEMOA qui travaille aussi avec les organisations socioprofessionnelles, la société civile et le secteur privé au niveau local. Des équipements marchands, des pistes rurales, des équipements hydroagricoles, des centres de santés, des unités de transformation et bien d’autres infrastructures ont été réalisés par le PCTL dans la première phase.

 

Réalisé par le Réseau des Médias pour la Décentralisation et le Développement Durable dans l’Espace UEMOA.

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