Destitution en série des maires au Bénin : Le regard du Professeur de droit, Joël Aïvo

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À l’occasion du lancement du livre « La destitution des maires au Bénin : une pratique à géométrie variable ? » de Claude Cossi Djankaki, le Professeur de droit et Doyen de la faculté de droit et de sciences politiques de l’Université d’Abomey Calavi, Frédéric Joël Aïvo a porté un regard scientifique sur la problématique de destitutions des maires en république du Bénin. De l’intervention du professeur, il ressort que le phénomène de destitution des maires qui est en vogue au Bénin porte inéluctablement atteinte à la stabilité de la démocratie du pays.
« Le Bénin a fait le choix de la décentralisation après avoir fait le choix de la démocratie et il est important que dans l’animation des institutions de notre pays que le lien ne soit pas cassé entre la démocratie et la décentralisation et que la décentralisation ne redevienne pas la recentralisation » a averti le Professeur Joël Aïvo qui a fait remarquer que le Bénin aura destitué plus de maires en moins de deux (02) ans que la France n’aura destitué en un demi-siècle. Pour l’universitaire, il est donc clair que la mise en œuvre des textes de la décentralisation au Bénin pose un véritable problème. « Si l’on dit que la mise en œuvre des textes de la décentralisation qui conduit à la chute des principaux responsables de la mise en œuvre de la décentralisation n’est pas un problème, là on serait passé à côté d’un des problèmes majeurs qui peut entraver le développement de notre pays », a-t-il fait savoir.
À en croire l’universitaire, le Bénin est en train de perdre sa stabilité au plan des communes. Ce qui, selon lui porte un frein au développement du pays. « Aucun travail sérieux ne peut être entamé dans une circonstance d’instabilité lorsque Bonou (une commune du département de l’ouémé – ndlr) en est déjà à son troisième maire depuis les dernières élections seulement (élection municipale de juin 2015 – ndlr) vous imaginez qu’aucun travail serein, aucune projection en terme de développement ne peut être engagé par une équipe municipale aussi divisée ! » a-t-il expliqué.
« Devrions-nous retourner aux textes pour reposer les balises, les appuis qui permettent aux communes de trouver une stabilité ? » s’est interrogé le Professeur Aïvo qui a relevé que selon les textes actuels de la décentralisation au Bénin, on peut sans raison ou avec une raison qui n’est pas une, autour d’une majorité destituer un maire et créer une forme d’instabilité à la tête des communes.

Source : Internet

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