4ème session de Café environnement : Terre à terre Bénin décrypte des enjeux de gestion des destinations des excréments humains après vidange

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L’experte en communication environnementale et journaliste, Inès KUASSI NANGA ne cesse d’innover avec son initiative, ‘’Café environnement‘’ qui se tient chaque dernier jeudi du mois. L’innovation ici est la distinction des dix meilleurs ambassadeurs de Café Environnement sur la thématique du mois. Ce jeudi 28 avril à American Corner, comme d’habitude la session du mois d’avril  s’est tenue autour du thème. ‘‘Enjeux et défis de la Gestion des Boues de Vidange (GBV) au Bénin ’’. Ce thème qui a suscité  beaucoup de curiosité du jeune public, a été débattu par des spécialistes du domaine de l’assainissement tels que  Alain TOSSOUNON président  du RAMEC, Monsieur Macaire Dossa ATATCHI GNACADJA, SGA de l’association des vidangeurs du Bénin et Monsieur Jean ADAGBENON, artiste chanteur.

Etendre les différentes connaissances à d’autres couches de la société  pour éviter toutes sortes de mésinformation ou de désinformation sur les notions de base liées à la thématique du mois, c’est l’objectif que s’est fixée  Inès KUASSI NANGA et toute son équipe en invitant plusieurs jeunes à devenir ambassadeur de  Café environnement dans plusieurs contrés du Bénin. Leur mission, après un coaching sur les stratégies  de communication environnementale, est d’impacter au minimum vingt personnes sur la thématique du mois. A l’issue du suivi de la mission de ces ambassadeurs, les dix meilleurs ont été récompensés selon la dynamique de leur stratégie et le nombre de personnes impactées. Pour ces deux derniers mois, différentes catégories de prix ont été donnés tels que, prix de la meilleur mobilisation, prix meilleur espoir, prix meilleur impact, prix Café du mois, prix coup de cœur, prix du leadership féminin, prix meilleur stratégie et  le prix Bronze. Le défi est lancé aux jeunes chaque dernier jeudi  du mois pour informer et conquérir  le plus  de personne possible.

Les GBV encore à une étape embryonnaire au Bénin

Le panel qui a tenu en haleine les jeunes amoureux  des grandes thématiques de l’environnement était autour des enjeux et défis de la Gestion des Boues de Vidange (GBV) au Bénin. Les interventions  du consultant Alain TOSSOUNON ont permis de comprendre que la question de la Gestion des Boues de Vidange (GBV) au Bénin est encore à une étape embryonnaire, précisément à Cotonou et les autres villes du grand Nokoué. L’expert des questions d’assainissement a fait comprendre qu’il y avait dans cet espace du grand Nokoué, juste une seule station de traitement  des boues de vidange gérées par un privé (SIBEAU) et aujourd’hui avec l’érosion côtière depuis une dizaine d’année, cette station ne fonctionne plus comme au départ parce que la plupart des bassins ont été emportés par l’érosion côtière. Suite à cette situation, les vidanges sont désormais directement rejetées dans la mer sans traitement préalable, ce qui constitue un drame écologique, ainsi les normes hygiéniques sont bafouées. Le constat est aussi amer  au niveau des ménages que des opérateurs privés que sont les vidangeurs qui utilisent  des matériels plus ou moins vétustes pour le traitement des boues de vidange.

Selon les statistiques de 2017, plus d’un village sur deux n’utilisent pas de toilettes et une absence de normes au niveau des fosses septiques dans les ménages. Seulement 12,8% des ménages qui répondent aux normes. En milieu rural, on constate une inexistence presque totale des fosses septiques, seulement 6% ont des toilettes sur toute l’étendue du territoire béninois.

Le SGA de l’association des vidangeurs du Bénin, Macaire Dossa ATATCHI GNACADJA, n’a pas manqué de vanter les mérites des vidangeurs qui malgré les conditions précaires de travail, jouent un rôle primordial  dans le maintien de l’hygiène publique. Il sollicite l’appui  du gouvernement pour redynamiser le secteur avec des matériels adéquats.

Des démarches en cours pour le corriger le tir

Pour surmonter ces nombreux défis, plusieurs solutions sont envisageables et peuvent être l’une des clés d’un environnement sain et durable. Face au manque de station de traitement  et de gestion des boues de vidange, le gouvernement a opté pour la réalisation  de deux (02) stations de traitement des VBG, tous deux en cours à Sèmè-Podji et à Abomey-Calavi ; la réalisation de la station de Takon ; la restriction de la filière des GBV amorcée par le Ministère du cadre de vie et du développement durable et le vote de la loi 2022-04 de 16 Février 2022 portant code de l’hygiène publique.

L’urgence d’impliquer les communes dans la lutte

Pour relever les défis auxquels est confrontée la population, en termes d’approche de solution, le consultant Alain TOSSONON souhaite qu’il faudrait avoir une clarté et une bonne organisation au niveau des différents  ministères et agences  en charge des problèmes sanitaires et d’assainissement. Il propose l’attribution de compétences aux communes afin qu’elles rendent plus dynamique la sensibilisation de tous les ménages à construire les toilettes qui répondent aux normes d’hygiène ; appliquer la loi nouvellement voté et  doter toutes les villes de police sanitaire pour le suivi-évaluation.

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