Du bon usage de la décentralisation !

Editorial de Franck S. KINNINVO

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En 1997, l’Assemblée Nationale a voté une série de lois promulguées en 1999, réformant l’administration territoriale au Bénin, en y introduisant la décentralisation. Un nouvel échelon de pouvoir venait de naître avec deux organes majeurs : le conseil communal ou municipal qui délibère et le maire qui exécute. Des milliers d’élus locaux, communaux et municipaux vont faire leur apparition dans le paysage politico administratif du Bénin. Occasion unique pour notre pays de se reconstruire différemment. Les communautés à la base sont mobilisées autour du nouveau pouvoir local afin de prendre les décisions majeures pour le développement et la démocratie à la base. Le 6 février 2019, le Bénin totalisera 16 années de décentralisation. Malheureusement les réflexes et la culture du centralisme, la mal gouvernance et le manque d’intérêt des citoyens font tourner la réforme en rond. Bien qu’il faille se réjouir du seul fait que les communes existent au Bénin et fonctionnent à merveille d’un point de vue administratif, il faut déplorer le fait que les vrais enjeux de la décentralisation restent et demeurent des vœux pieux, des mirages pour des millions de Béninois. Toute observation faite, aucune commune n’a véritablement émergé. Aucune commune n’a pu impulser une démocratie locale, condition sine qua non d’un vrai développement durable. La faute à qui ? La réponse à cette question fera l’objet d’une réflexion ultérieure.

Nous sommes en pleine réforme depuis 2016. L’occasion est donc toute trouvée pour positionner le Bénin dans le nouveau concert des nations, celui des Etats qui se construisent depuis la base, au sein des communautés. Le monde entier est secoué par une crise de la démocratie représentative. Le citoyen de 2019 ne veut plus attendre la fin d’un mandat pour évaluer l’élu. Il veut décider avec lui, participer à la gestion de la cité au sens national comme local du terme. Le citoyen de 2019 veut une gouvernance démocratique, participative et transparente avec des politiques publiques qui prennent ses attentes. La politique au sommet de l’Etat (Exécutif et législatif surtout) devrait aider à mieux gérer notre pays en offrant la chance aux uns et aux autres de contribuer au développement de la nation grâce à la participation à la prise des décisions majeures, au contrôle de leur mise en œuvre (contrôle citoyen de l’action publique) et à leur évaluation et à celle de mandataires.

Trois petites décisions devraient permettre au Bénin de se positionner comme l’un des pays phares de la sous-région. Nous les aborderons dans nos prochaines publications.

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